Guillaume Bouzignac
Né vers 1587 en Languedoc (probablement à Narbonne ou à Saint-Nazaire-d'Aude) et mort après 1643, Guillaume Bouzignac est un prêtre, maître de musique et compositeur français actif dans la première moitié du XVIIème siècle.
Sa famille est originaire de Saint-Nazaire-d'Aude, près de Narbonne, où ses aïeux sont mentionnés dès 1536. Il est enfant de chœur dans la maîtrise de la cathédrale Saint-Just de Narbonne. En 1604, et probablement au terme de son apprentissage à la maîtrise, il signe un contrat avec le chapitre de la cathédrale pour tenir un poste non précisé dans la maîtrise - ses capacités précoces de compositeur laissent supposer qu’il aurait pu être maître des enfants.
Le 14 février 1609, il commence un engagement de maître des enfants à la collégiale Saint-André de Grenoble, mais il quitte cet emploi trois mois plus tard, le 18 mai. Bouzignac voyage beaucoup : Bourges, Rodez, Clermont-Ferrand, peut-être Montauban et Tours.
En l’absence de toute indication contraire, on suppose qu’il est mort à Clermont-Ferrand, à une date inconnue.
Bouzignac aura eu une carrière assez itinérante. Mais ces nombreux déplacements ne doivent pas être vus comme la conséquence d’une ambition dévorante ou d’une instabilité intrinsèque ; ils pouvaient aussi résulter d’un caractère difficile ou d’une lassitude à assumer, outre les charges proprement musicales (enseignement, répétitions, composition..) la responsabilité, la nourriture et l’entretien de plusieurs enfants dissipés.
De ce compositeur, rien n’a été publié de son vivant. Cela n’a pas empêché sa réputation de dépasser les limites des villes où il a exercé, puisqu’il est cité de son vivant par Marin Mersenne et par Annibal Gantez comme étant un maître fort capable, à l’égal d’Antoine Boësset ou Henri Frémart.
Le style de Bouzignac est difficile à apprécier dans la mesure où l'on ne dispose que de peu de pièces dont la paternité soit sûre. Toutefois, il apparaît que sa manière est dramatique, dynamique, très variée. Il emploie des doubles chœurs, des passages homophoniques au rythme mesuré à l'antique, des petites cellules rythmiques répétées pour souligner l'emploi d'un mot… Les lignes mélodiques, les oppositions rythmiques d'une voix à l'autre, des contrastes entre soli et chœur soulignent souvent l'intention du texte. De ce point de vue, sa manière peut être considérée comme innovante et moderne, passant du style du XVIème siècle (où toutes les voix sont équivalentes) au style baroque, où la voix de superius acquiert son autonomie par rapport au reste du chœur.
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